samedi 10 novembre 2007

Découvrir...Aix-en-Provence

Le Musée Granet...
Centrée sur une approche de la ville en tant qu'ancienne capitale de la Provence, la visite commence par un arrêt au Musée Granet (voir l'image satellite, 1). Le musée, fondé en 1838 dans les bâtiments de l'ancien Prieuré de Malte, propose des collections diverses, issues de nombreux legs de collectionneurs. Le lieu et la diversité des peintures et des sculptures rappellent l'histoire de la ville et les liens qu'Aix entretint avec le bassin méditerranéen. Fondée vers 124 avant Notre Ère par le consul romain Sextius et considérée comme l'un des premiers établissements romains en Gaule, Aix-en-Provence (Aquae Sextiae, "les eaux de Sextius") se développe essentiellement au cours du Moyen Âge quand, au XIIème siècle, les comtes de Provence y installent leur cour. Au XVème siècle, René Ier, duc d'Anjou et comte de Provence, contribue au rayonnement de la ville et à son enrichissement artistique et culturel. Aix se retrouve alors en effet inclue dans un important réseau de pouvoir et d'échanges, René Ier étant par ailleurs duc de Lorraine et roi titulaire de ... Sicile.

...et le quartier Mazarin
Au sortir du Musée, la visite du quartier Mazarin (voir l'image satellite, 2) nous conduit à évoquer l'époque moderne, période au cours de laquelle les fonctions et l'urbanisme de la ville connurent d'important développements. Depuis 1409, Aix possède son Université et après 1481, et le rattachement de la provence au royaume de France, le gouverneur représentant le roi y réside. Mais c'est surtout à partir de 1501 que la ville devient véritablement la capitale administrative de la Provence. Louis XII y établit en effet le Parlement de Provence et la ville se peuple d'une multitude de gens de justice. Au XVIIème siècle l'archevêque Mazarin, frère du Cardinal, conduit l'aménagement du quartier qui porte son nom. Le plan en damier du quartier intercale des hôtels particuliers, appartenant pour l'essentiel aux parlementaires et à quelques grands bourgeois. Malgré les troubles politiques de la période, la ville s'agrandit et se dote de nombreuses constructions: habitations de style baroque, églises, fontaines. En 1650, le Parlement commande l'ouverture d'un cours à carosses à l'emplacement des anciens remparts, cours rebaptisé Mirabeau au XIXème siècle.


En partant du Cours Mirabeau

Le cours Mirabeau (voir l'image satellite, 3) matérialise nettement la limite entre la ville médiévale au Nord et la ville moderne au Sud, tandis qu'à l'Est s'étend la "ville neuve" aménagée à partir du XVIème siècle et où alternent quelques hôtels particuliers et surtout des commerces. C'est dans cette partie de la ville, un peu à l'écart du centre ancien, que s'étaient implantées les huileries, l'une des premières activités industrielles d'Aix-en-Provence.

Plus au Nord, le Palais de Justice et sa place (voir l'image satellite, 4) marquent également l'extrémité orientale du centre ancien. Après avoir abrité les souverains de Provence, le Parlement et la cour des Comptes, l'ancien palais comtal est démoli à la fin du XVIIIe siècle, en même temps que le quartier environnant. Sur son emplacement, l'architecte Ledoux conçoit un nouveau palais que la Révolution empêche de réaliser. Penchaud construit finalement, entre 1825 et 1832, le Palais de Justice et la prison sur les fondations de Ledoux. Par les ruelles qui partent de la Place des Prêcheurs, nous pénétrons ensuite dans le centre médiéval de la ville (voir l'image satellite, 5). Il s'organise autour de deux pôles: l'hôtel de ville (voir l'image satellite, 6) et la cathédrale, accolée au palais archiépiscopal (voir l'image satellite, 7). La Tour de l'Horloge constitue l' ancien beffroi de la ville et le symbole du pouvoir communal. Elle s'élève sur la base d'une des portes qui perçaient les remparts et permettaient l'accès à la cité épiscopale. Surélevée en 1510, elle abrite une horloge astronomique (1661) dont on peut toujours voir les quatre statues en bois. Symbolisant les saisons, elles défilent à tour de rôle. Passé le beffroi de l'hôtel de ville vers le Nord, on quitte en effet la ville comtale pour entrer dans la cité épiscopale, séparées au Moyen Âge par des remparts. Ce que l'on appelle le Bourg Saint Sauveur occupe l'emplacement de l'ancienne ville romaine; il s'étend de la cathédrale à la Tour de l'Horloge.

La cathédrale, son cloître et l'archevêché

Selon la légende, la Cathédrale Saint-Sauveur fut édifiée sur un temple consacré à Apollon. Selon la tradition chrétienne saint Maximin, venu de Palestine avec Marie Madeleine, édifia sur le site une modeste chapelle dédiée au Saint-Sauveur. L'édifice, de 70 m de long sur 46 m de large (20 m de haut sous la clé de voûte) mêle des styles architecturaux divers, datés du Vème au XVIIIème siècles. Cette variété architecturale se lit d'emblée sur sa façade: à droite, au Sud, le portail roman du XIIe jouxte un mur romain, tandis qu'à gauche, au Nord, le vaste portail gothique richement sculpté du XVème et du XVIème siècles est surmonté d'un clocher érigé entre 1323 et 1425. À l'intérieur, on découvre trois nefs de styles différents (roman, gothique et baroque) que flanque un baptistère de forme octogonale qui s'appuie sur des éléments du Vème siècle. En traversant le choeur, on pénètre dans le cloître. Edifié à la fin du XIIème siècle, il est d'assez petite dimension, couvert de galeries charpentées. La décoration abondante et variée des piliers s'inspire des registres animal, végétal ou fantastique et de symboles évangélistes.La cathédrale abrite par ailleurs un chef-d'oeuvre de la peinture française, le triptyque du "Buisson Ardent", peint vers 1476 pour le Roi René par Nicolas Froment. Sur les panneaux latéraux figurent les donateurs en prière: à droite Jeanne de Laval, à gauche le Roi René en habit de chanoine est entouré de saints dont Marie Madeleine, patronne de la Provence.
Jouxtant la cathédrale, l'ancien palais des archevêques d'Aix-en-Provence ferme une place dégagée au milieu du XVIIIe siècle. Forts de leur pouvoir ecclésiastique et politique, ces princes de l'Eglise se devaient d'avoir une résidence digne de leur rang. Les bâtiments actuels ont été construits entre 1650 et 1730, et le portail est attribué au sculpteur Toro. Au premier étage se trouve le Musée des Tapisseries. Depuis 1948, la cour de l'archevêché accueille les principales manifestations du Festival d'Art Lyrique pendant le mois de juillet.